FORMATION UNIV.
La formation des psychologues relève de la formation universitaire des sciences humaines
cliniques. Ce n'est ni une formation formation médicale, ni une formation
paramédicale. Les psychologues ne sont donc pas habilités à délivrer des
feuilles de soins. Les honoraires sont
libres, de ce fait, et ne peuvent, en principe, faire l'objet d'un remboursement par la sécurité sociale.
C'est dans cette tradition et sous cet axe de responsabilité
individuelle que repose l'éthique des psychologues, réunis autour du Code de
déontologie des psychologues qui définit les grands axes de la déontologie des
psychologues.
L’UNIVERSITE DE PARIS VII
Préalable à une formation de psychanalyste?
L'université de Paris VII offre un cursus qui se construit
principalement sur une psychologie et psychopathologie en débat constant avec
la psychanalyse, bien que ces disciplines ne soient pas confondues.
L'université - Paris VII -
offre un continuum de formation
clinique et théorique cohérent dans ses objectifs : former des psychologues
spécialisés en psychopathologie, aptes à intervenir dans tous les domaines de
la psychologie, et à se former à l'exercice de la psychanalyse.
L'université permet d'approfondir
ainsi les connaissances minimales nécessaires en psychopathologie et la
psychanalyse, avec une formation critique aux textes psychanalytiques
tout le long du cursus. Ses principaux agents et courants de pensée sont mis en
débat tout au long de la formation universitaire.
La formation n'est pas une
juxtaposition de modules ou d'Unités de Valeurs pour remplir un cahier des
charges, mais une formation cohérente dans ses objectifs.
L'UNIVERSITE, UN PASSAGE OBLIGÉ
Ce passage «obligé» par
l'université offre un temps suffisant, celui qui est en particulier nécessaire
pour différer la pratique analytique du désir du sujet, analysant, de devenir
analyste.
La formation universitaire n'est pas
une perte de temps dans la formation du psychanalyste. Elle devrait offrir au
sujet en analyse l'espace-temps nécessaire pour se "désidentifier" de
son psychanalyste et de sa propre analyse, mais aussi de se "
désidentifier" de ses futurs analysants et par là repérer puis limiter ses
propres projections.
Il s’agit bien d’un préalable à une
formation de psychanalyste qui ne
dispense en rien de l’analyse personnelle (autrefois la «psychanalyse
didactique») et encore moins des supervisions indispensables.
UNE FORMATION D'ETAT
Outre un passage obligé par
l'université, le législateur a récemment décidé d'imposer en sus une formation
supplé-mentaire aux psychologues en vue de leur inscription sur le registre
national des psychothérapeutes. Cette exigence pourrait se comprendre
comme le choix de différer la mise en acte du désir d'analyser autrui, ou
d'exercer la "psychothérapie" ou psychanalyser autrui.
Or, si cette formation s'ajoute en
effet à la formation universitaire, nous ne pouvons conclure qu'elle s'ajoute
encore à celle nécessaire pour devenir psychothérapeute ou psychanalyste.
Autrement dit, le législateur se défie des universitaires qu'il estime ne plus
être aptes à sélectionner ses étudiants.
L'administration (ou le législateur)
semble ainsi vouloir contrôler la validation universitaire comme préalable à
une formation de psychothérapeute, et déterminer ce que l'étudiant doit savoir
pour exercer la psychothérapie, et ce indépendamment du cursus de formation
qu'il se choisit.
Or, concrètement, cette formation supplémentaire exigée par l'Etat
ne peut conduire en rien à ce que doit être une formation psychanalytique, et
pas davantage à ce que peut être une formation de psychothérapeute, car le
temps imposé à cette formation propédeutique est très largement insuffisant.
Dix ou vingt ans de formation personnelle, et de supervisions, en sus des
études universitaires sont indispensables à la pratique analytique ou
psychothérapique : cet aspect, pourtant essentiel, est occulté par les textes
réglementaires.
Le législateur est passé en
quelques années du projet de réglementer "le titre de psychothérapeute" à une
réglementation de la formation initiale
du psychothérapeute, englobant la notion "d'usage du
titre", c'est-à-dire proprement à l'exercice de la psychothérapie : ce
qu'il doit savoir, comment il doit être formé, comment il peut user de ce
titre.... pour envisager de se former, paradoxalement à l'exercice de la
psychothérapie.
Il reste que cette réforme, louable
dans ses fondements - soit protéger les populations contre les abus de
personnes mal intentionnées, n'offre aucune garantie contre le charlatanisme ni
de perspective de carrière supplémentaire pour les jeunes psychologues qui
seront dotés de cette nouvelle formation labellisée, alors qu'ils sont
déjà confrontés, nous le savons tous, à un
chômage phénoménal, à une pratique institutionnelle de disqualification qui
semble se généraliser, ainsi qu'à une saturation des pratiques libérales.